MOIS DE MARIE - FEMME BIBLIQUE : PROPHETESSE MIRYAM, SŒUR DE MOÏSE

Publié le mercredi 27 mai 2026 - Paroisse Montauban Ville-Haute

Prophétesse Miryam, sœur de Moïse

 

Livre de l’Exode XV, 20-27

« La prophétesse Miryam, sœur d’Aaron, saisit un tambourin, et toutes les femmes la suivirent, dansant et jouant du tambourin.

 Et Miryam leur entonna : « Chantez pour le Seigneur ! Éclatante est sa gloire : il a jeté dans la mer cheval et cavalier ! » Moïse fit partir les fils d’Israël de la mer des Roseaux, et ils sortirent en direction du désert de Shour. Ils marchèrent trois jours à travers le désert sans trouver d’eau. Ils arrivèrent à Mara mais ne purent boire l’eau de Mara car elle était amère ; d’où son nom de « Mara ». Et le peuple récrimina contre Moïse en disant : « Que boirons-nous ? » Alors Moïse cria vers le Seigneur, et le Seigneur lui montra un morceau de bois. Moïse le jeta dans l’eau, et l’eau devint douce. C’est là que le Seigneur leur fixa un statut et un droit, là où il les mit à l’épreuve. Il dit : « Si tu écoutes bien la voix du Seigneur ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à ses yeux, si tu prêtes l’oreille à ses commandements, si tu observes tous ses décrets, je ne t’infligerai aucune des maladies que j’ai infligées aux Égyptiens, car je suis le Seigneur, celui qui te guérit. »  Les fils d’Israël atteignirent ensuite Élim, où il y a douze sources et soixante-dix palmiers. Et là, ils campèrent près de l’eau. »

Livre de Michée VI, 3-4

« Mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je fatigué ? Réponds-moi. Est-ce parce que je t’ai fait monter du pays d’Égypte, que je t’ai racheté de la maison d’esclavage, et que je t’ai donné comme guides Moïse, Aaron et Miryam ? »

 

Miryam sœur de Moïse et d’Aaron, elle accompagne ses frères tout au long de l’Exode, elle symbolise à la fois l’espoir et les failles de son peuple. Son prénom « Miryam » signifie amertume il fait référence aux années d’esclavage en Egypte mais aussi à « rébellion ». Ces deux sens nous renvoient à l’histoire de notre héroïne. Elle est d’abord la protectrice de Moïse lorsque nouveau-né il est déposé sur le Nil, et permet à son frère d’avoir un destin hors du commun lui qui est adopté par la sœur de Pharaon. Lors de l’Exode, Miryam resurgit elle guide le peuple avec ses frères vers la libération et le passage de la mer Rouge à pieds secs. La Bible lui donne aussi le titre de prophétesse alors que nous ne connaissons aucune de ses prophéties, ni intercession, ni interprétation de la volonté divine. Nous n’avons d’elle qu’une invitation à la louange (Exode XV) appelé le Cantique de Miryam. Femme courageuse, Miryam par ce chant de liberté manifeste une nouvelle fois cette force qui lui vaudra d’être présentée comme l’archétype de la résistance, prophétesse d’Israël guidant par son exemple les autres femmes, même si elle demeure dans l’ombre de ses frères.

Dans la vie de Miryam, il demeure une ombre. En effet, durant l’Exode avec son frère Aaron, elle critique Moïse qui a pris une femme étrangère de Nubie. Toutefois, Dieu renouvelle sa fidélité à Moïse, Miryam est frappée de la lèpre son frère intercède pour elle et elle sera guérie. Elle mourra avant d’arriver en terre promise à Qadech où elle fut enterrée. Selon saint Jérôme, le lieu de la sépulture de Miryam serait à Petra. La Bible rapporte qu’après sa mort l’eau vint à manquer pour Israël, or Miryam avait été souvent associée jusqu’alors à l’abondance des sources et des puits.

Miryam et la Vierge Marie

Plus d’un millénaire après, une autre Myriam a protégé un enfant et, en chantant, a défié l’autorité et célébré la victoire de Dieu. Luc (I, 27) identifie « une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph ». La vierge s’appelait Mariam, traduction grecque de l’hébreu Myriam.

Le nom rappelle cette autre Miryam, qui guida son peuple hors de l’esclavage. Il rappelle également Mariamne, la femme hasmonéenne d’Hérode le Grand, qui représentait le gouvernement hébraïque plutôt que romain. Quand Mariam chante : « Il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante » (Luc  I, 48) nous nous rappelons Miryam et de son peuple, esclaves en Egypte. Quand Mariam proclame « il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles » (Luc I, 52) nous nous rappelons l’exode. Miryam et son homonyme Mariam sont des prophétesses dont les paroles et les actions résistent contre tout ce qui empêche les hommes de prospérer.

 

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