Eglise Notre Dame de Lafeuillade Montech

Église utilisée en juillet et août.

LA LEGENDE DE NOTRE DAME DE LA FEUILLADE

Mais pourquoi donc ériger un nouveau sanctuaire ? 80 ans auparavant, Pierre Baladier le vieux mentionne 8 églises sur le territoire de Montech et les gratifie toutes de diverses donations ! La magnifique église paroissiale Sainte Marie de Montech dédiée plus tard à Notre Dame de la Visitation, était à peine terminée.

C’est que, quelques temps auparavant, en lisière de la forêt proche de la ville, des bûcherons avaient découvert une statue de la Vierge. Ce fait divers, qui n’intéressait sans doute que quelques archéologues à notre époque blasée, fut perçu par nos ancêtres comme un évènement miraculeux. Le culte de Notre Dame de la Feuillade a donc plus de 5 siècles.

Voici donc la légende de Notre Dame de la Feuillade écrite par M. l’abbé Arnichand. C’est celle que bien des grands-mères montéchoises ont apprise à leurs petits-enfants.

Quelques pauvres familles dont les chaumières s’espaçaient hors des murs de la ville dans la direction du sud-est avaient le privilège de recueillir les branches mortes et la « feuillée » de la forêt ; leur quartier fut nommé la Feuillade (nous trouvons le nom de « la Failhada » dans les registres notariaux de la fin du XIVème siècle).

A une époque reculée, des bûcherons s’apprêtaient à abattre un chêne lorsque leur pioche mit à découvert une image de Marie, statue de pierre, d’environ 3 pieds de hauteur ; c’était une vierge droite, couronnée et portant l’Enfant Jésus dans ses bras.

Ces bons et pieux ouvriers, après avoir vénéré la statue avec un amoureux respect, songèrent à lui trouver une demeure convenable et accompagnés des habitants du voisinage accourus à la nouvelle de cette découverte, l’apportèrent à l’église paroissiale. C’était alors l’église Saint Sulpice, la plus voisine d’ailleurs. Mais le ciel, jusque-là pur et serein, se couvrit de nuages et un violent orage éclata avant qu’on n’arrivât à l’église. Les cœurs troublés y virent une preuve que Marie n’acceptait pas la demeure qu’on voulait lui donner.

On rapporta la statue près du chêne et l’orage se calma aussitôt. On coupa alors le chêne à hauteur d’appui et, sur ce piédestal improvisé, on plaça la sainte image. La foi vive de ces temps y attira bientôt un grand nombre de pèlerins. C’était le 16 juillet que la statue avait été trouvée ; on la laissa sur le chêne jusqu’à l’approche des mauvais jours. On essaya de la porter encore à Saint Sulpice, mais le ciel s’irrita comme la première fois. Elle fut replacée sur le tronc du chêne, au lieu pour lequel elle manifestait ainsi ses préférences. On l’abrita pour un moment dans un petit oratoire en planches et, quand revinrent les beaux jours, on lui construisit une demeure convenable dans laquelle elle fut vénérée sous le titre de « Nostro Dono de la Failhada ».

A la suite de ces lignes parues dans le « Petit Messager », le chanoine Bastoul ajoutait, non sans quelque mélancolie : « Je ne puis taire mon étonnement : je n’ai rencontré, avant la première de ces dates (1477) aucun témoignage de dévotion envers Notre Dame de la Feuillade. Peut-être pour n’avoir encore assez cherché ».

La dévotion à Notre Dame de la Feuillade remonte incontestablement au XVème siècle. Auparavant, aucune trace… Rien ne nous est resté non plus de l’histoire du sanctuaire dans ses commencements ; toutes les archives de la chapelle ont été brulées et celles de la commune ne remontent pas au-delà de 1640.

Dans l’étude de M. Arnichand, il est regrettable que ne soit pas indiquées les sources dans lesquelles l’auteur a puisé son récit, traditions orales, probablement.

Nous pouvons dater, avec beaucoup de prudence, la découverte des bûcherons vers les années 1470, la chapelle ayant été construite quelques temps après. Quant à la statue, elle est nécessairement antérieure, d’au moins plusieurs dizaines d’années ; elle ne devait pas se trouver dans les autres églises de Montech, quelqu’un s’en serait souvenu.

Alors imaginons, toujours aussi prudemment, la Vierge à l’Enfant cachée dans une bâtisse ruinée par le temps, la végétation ayant repris le dessus à cet endroit (il suffit par exemple de voir l’état actuel de la maison de Carillon, qui figure pourtant sur de récentes cartes d’Etat-Major). Rappelons aussi que le magnifique Christ de Notre Dame de la Visitation était, il y a une centaine d’années « camouflé » dans les voûtes de l’église, (depuis combien de temps ?) exposé à l’humidité, la poussière et la vermine, sans que quiconque puisse en préciser l’origine.