Eglise Notre Dame de la Nativité
Église Notre-Dame de Cremps, 34 Place de l’église, 46230 Cremps
Fête patronale et pèlerinage le 8 septembre : chaque année, les fidèles se réunissent à l’occasion d’une messe, suivie d’une procession aux flambeaux.
Histoire :
Dès le XIIe siècle, des chartes mentionnent « Nostra Dona de Crens ».
L’édifice, ruiné à la Guerre de Cent Ans, a été entièrement reconstruit à partir de 1528. Au cours du XIXe siècle, cette église est en piteux état ; des bienfaiteurs laissent déjà des legs pour sa restauration.
L’abbé Alexandre Allemand entreprend, dès sa première visite chez les paroissiens, de solliciter leur aide financière. L’architecte diocésain, M. Émile Toulouse, dresse le plan de l’édifice : adoptant le style roman, il est prolongé à l’est sur le jardin et l’emplacement de l’ancien presbytère, où trouvent place l’abside et les sacristies, tandis que les murs latéraux de la nef s’appuient sur les fondements des murs anciens. Le puits du jardin, qui était à l’air libre, se retrouve sous le chœur. Les travaux débutent le 9 mai 1904.
Lors des travaux de démolition, l’abbé Allemand décrit ce qui lui semble correspondre aux « restes d’une vieille tour de défense des IXe-XIe siècles, incluse dans les murs de l’église : 7 m de diamètre sur une hauteur à peu près égale ; une meurtrière de style roman, un arc en plein cintre ».
Non seulement les Crempsois fournissent les subsides nécessaires à la reconstruction de leur église, mais ils participent activement aux travaux en allant à tour de rôle chercher les pierres à la gare de Lalbenque avec des attelages. Les travaux durent un an. Le 19 novembre 1905, l’abbé Allemand, délégué de l’évêque, peut enfin bénir la nouvelle église. Sa consécration suppose celle d’un autel, réalisé par deux sculpteurs cadurciens, MM. Breton et Campistron, qui créent également les balustrades, la chaire, ainsi que toutes les autres sculptures.
Dans le même temps, les dix-sept verrières qu’exécute la Maison Dagrant de Bordeaux sontinstallées : les cinquante et un tableaux représentent les Mystères du Rosaire autour desquels sont groupés des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament qui s’y rapportent. Cette même Maison réalise le chemin de Croix.
La solennité la plus mémorable est celle de la consécration de l’église et du maître-autel, le 13 octobre 1909, par Mgr Laurans, évêque de Cahors, assisté de Mgr Arlet, évêque d’Angoulême.
Description :
Le monument actuel est un exemple ambitieux de l’architecture néo-romane du début du XXe siècle. L’extérieur, très sobre, contraste fortement avec l’intérieur, particulièrement clair grâce à la pierre blanche d’Angoulême qui habille les murs et où se déploie une riche modénature. À l’intérieur de l’édifice, la longueur est de 32 m, sur une largeur de 10 m, et une hauteur de 13 m. L’entrée sur la façade occidentale se fait par le clocher-porche, contenant à l’étage une tribune donnant sur la nef, qui porte en lettres rouges le texte : « Tu es Pierre, sur cette pierre je bâtirai mon église, les portes de l’enfer ne prévaudront point ». La nef se compose de quatre travées dont les deux dernières s’élargissent par deux chapelles latérales, qui forment le transept : la chapelle nord est vouée à la Vierge Marie, la chapelle sud à saint Joseph. La sainte Table, en pierre blanche couverte de marbre, sépare la nef du chœur, où l’on accède par une marche. Le chœur se compose d’une travée droite couverte d’une voûte en berceau plein-cintre, qui précède le sanctuaire. Celui-ci occupe une abside semi-circulaire couverte d’une magnifique voûte en cul de four. Deux sacristies sont disposées latéralement, de part et d’autre de la travée de chœur. Le mur qui soutient la voûte de l’abside est orné de statues disposées dans des niches, qui représentent six apôtres ou disciples de Jésus. Six autres apôtres ornent le maître-autel. Deux inscriptions en lettres rouges sont gravées sur les arcs latéraux au-dessus des portes des sacristies : « Je vous ferai pêcheurs d’hommes » (côté nord), « Je suis le bon Pasteur » (côté sud). Au pied des statues qui entourent le maître-autel sont inscrits ces mots : « Vous serez mes témoins ».
La Capelèta :
En complément de l’église paroissiale située au centre du bourg se trouvait, à l’emplacement actuel de la mairie, un petit oratoire voué à la Vierge Marie, au lieu-dit « La Capelèta ». On y vénérait Notre-Dame, représentée par une statue de Vierge à l’enfant. En souvenir de ce lieu de prières, une statue de Notre-Dame de Lourdes a été élevée face à son ancien emplacement, elle surmonte trois anciens rouleaux à dépiquer en pierre, et attire par sa hauteur le regard des paroissiens vers le Ciel.
Le 23 novembre 1913, une foule de prêtres et de fidèles assistait à sa bénédiction par Mgr Cézérac, évêque de Cahors, nommé plus tard archevêque d’Albi. Chaque année, le 8 septembre, le pèlerinage en l’honneur de Notre-Dame de la Nativité, éclairé aux flambeaux, y fait halte. Sur leur route, les pèlerins récitent le rosaire et chantent des hymnes à la Vierge, dont le cantique spécialement écrit pour Notre-Dame de Cremps par Angèle Rible-Sembel, une agricultrice et poétesse chère à ce village.
Claire Fonton

