LA PORTE DU PRESBYTÈRE !
Publié le mercredi 06 mai 2026 - Paroisse Saint Martin en vallée d'Olt
Après plusieurs mois d’attente – mais les bons artisans se font paraît-il toujours attendre – la porte du presbytère vient d’être rénovée. Peut-être cela ne vous sautera pas aux yeux si vous passez devant, car en effet, pour l’instant, elle n’a pas tellement changé d’aspect. Sa vieille peinture fanée par le soleil est toujours bien présente. Pourtant en vous approchant vous ne manquerez pas, je l’espère, de goûter le travail minutieux de l’artisan. Chaque trou a été rebouché, et toutes les parties abîmées, parfois même quasiment pourries, ont été changées. Il faut dire que la porte du presbytère a vraisemblablement déjà dépassé les 100 ans. Les pluies de l’automne, le froid de l’hiver et la chaleur de l’été, rien ne lui a été épargné, aussi pouvait-elle bien s’offrir cette juste cure de remise en forme. L’artisan m’a fait remarquer comme elle était composée de plusieurs bois, tous différents, certains très nobles comme le noyer et d’autres beaucoup plus commun comme le pin. Lui-même a ajouté au bas et de chaque côté, un morceau de sipo, un bois exotique et plus moderne, réputé, si j’ai bien tout compris, pour ses qualités de résistance à l’eau. Bientôt sans doute la porte du presbytère sera peinte, elle reprendra son rôle de première ouverture de la maison, toute revêtue de sa plus belle apparence. C’est important bien sûr pour l’harmonie du village, le coup d’œil du visiteur, qui ne manquera pas de la remarquer. Mais, sous son uniformité retrouvée, la porte du presbytère va surtout demeurer pour moi cet ensemble de bois un peu hétéroclite, gardant la trace de dizaines de piqûres d’insectes agressifs, de coups et de blessures diverses. Même sans les voir, je devinerai encore toujours tous les raccords opérés par les mains habiles de plusieurs générations d’artisans dévoués. Fidèle à son office et surmontant ses fragilités, dissimulant ses cicatrices, et toute belle au fond d’elle-même, la porte plusieurs fois restaurée en réalité nous ressemble, et c’est bien cela qui me plaît.
Publié par Mathias

