Eglise de St Cyprien
Saint Cyprien
L’église de Saint Cyprien, comme la plupart des églises de la vallée, a été construite sur une butte à flanc de coteau à la fin du 15ème siècle. Elle est située au centre du village, sur l’emplacement qu’occupait l’ancien bâtiment dont il ne reste aucune trace.
L’église de St Cyprien
L’église est essentiellement constituée par un rectangle long de vingt-cinq mètres et large de huit mètres. La nef se compose de trois travées de six mètres voûtées en croisée d’ogives.
La travée du sanctuaire, pareillement voûtée, a sept mètres et demi de long. Les clefs de voûte ont neuf mètres de hauteur, les murs en mètre vingt d’épaisseur. Trois grands arceaux en tiers point s’ouvrent sur chacune des trois travées de la nef, du côté de l’évangile.
Les chapelles
Naguère un mur de refend divisait le bas-côté et formait deux chapelles distinctes : la chapelle Notre Dame (la première du côté de l’évangile) et la chapelle Saint-Blaise. Un banc de pierre longe le mur de cette dernière. C’est aussi dans la chapelle Saint-Blaise que se trouve la pierre tombale gravée au trait et représentant un prêtre. L’inscription signifie : « Le corps d’Antoine GAUTIER, prêtre, repose ici. Il vécut, il mourut aux ides du mois d’août (treizième jour du mois) très probablement au commencement du XVIème siècle ».
Les ouvertures sont relativement petites. Une grande verrière, sur laquelle figure l’Ascension de Notre Seigneur, s’ouvre au milieu du mur d’abside.
Le bénitier, taillé dans la pierre du pays, a été fait par J-P LAPARRA, en 1790, comme l’indique l’inscription qu’on y voit, gravée dans la pierre polie par le frottement des innombrables doigts qui ont pris de l’eau bénite.
La piéta (statue de la vierge et l’enfant) située au fond de l’église est classée par les Beaux-arts.
La table de communion est un balustre en bois du XVIIème siècle. Des chapeaux d’évêque, des casques et des lances croisées sont sculptées en bas-reliefs sur divers panneaux.
L’église possède quatre tableaux : à droite dans le chœur, Saint Cyprien évêque de Carthage. À gauche, un tableau de même grandeur non identifié ; au-dessus de la porte principale est représentée la crucifixion du Christ ; et enfin sur le mur du fond la dernière œuvre représente l’Assomption de la Vierge.
Le clocher, haut d’une trentaine de mètres, communiquant autrefois avec l’intérieur de la nef par une grande baie en tiers point. Aujourd’hui murée, elle était primitivement peut-être l’amorce d’un porche jamais construit.
Les cloches. Deux cloches au son harmonieux annoncent les événements heureux et malheureux. La plus grande mesure 84 centimètres de hauteur et un mètre de diamètre. Elle porte l’inscription : 1584.J.H.S.XTUS Maria. Sainte Cypriane, ora pro nobis ; Sit nomen Domini Benedictum ; (Jésus sauveur des hommes, Saint Cyprien, priez pour nous, que le nom du Seigneur soit béni). Deux médaillons représentent la crucifixion et Saint Michel sous un dais.
La plus petite mesure 70 centimètres de hauteur et autant de diamètre. L’inscription suivante se détache en relief « 1596JHSMA.Benedjcta sit sancta Trinitaset sol Deo honor et Gloria » (Jésus sauveur des hommes que la Sainte Trinité soit bénie, honneur et gloire au seul Dieu). Quatre médaillons représentent divers sujets courants.
Leur histoire : On raconte que sous la convention, les cloches auraient dû être fondues pour faire des canons ; mais la commune de SAINT CYPRIEN garda la plus grande en prétextant que la commune très étendue avait besoin d’une cloche très puissante. Quant à la deuxième, moins grosse, les habitants la descendirent du clocher et la transportèrent à MONTCUQ non sans maugréer. Mais il leur en coûtait tellement de se séparer de leur belle cloche que, le lendemain, pris de remords, ils repartirent pour MONTCUQ, armés de pals. Ils intimidèrent si bien les autorités cantonales qu’ils obtinrent de reprendre leur cloche et la ramenèrent triomphalement dans leur village. Les cahots des chemins et peut-être aussi la manière un peu brusque dont fut traitée notre cloche ont légèrement altéré sa voix, mais elle a repris sa place et continue, depuis bientôt quatre siècles à convoquer les fidèles à la prière et à interpréter, avec sa sœur aînée, les joies et les peines de la paroisse.
Tombeaux dans l’église et le cimetière
Les fidèles avaient le désir d’assurer à leur âme le secours des prières de l’église : ils faisaient inhumer leur corps le plus près possible de l’autel sur lequel était offert le Saint Sacrifice.
Pendant un siècle, de 1669 à 1771 il y eut 83 sépultures à l’intérieur de l’église. Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques dalles funéraires.
Le cimetière borde l’église, autrefois il n’était pas clôturé. En 1744 un mur fut construit afin d’empêcher toutes les bêtes d’entrer.
Restauration de l’église
Au cours des années 1920 à 1923, l’église et la sacristie furent nettoyées et restaurées. Le mur qui séparait la chapelle Saint Blaise de celle de la Vierge fut démoli. On a bâti une remise pour le corbillard au nord de l’église, maintenant transformée en sacristie. Le chemin de croix, l’autel de la Vierge et diverses autres pièces du mobilier de l’église ont été achetées ainsi que des ornements.
De 1960 à 1965 : La première statue de Saint Cyprien abîmée, a été remplacée. La statue actuelle est en bois. Un baptistère, taillé dans une pierre rouleau (servant autrefois à battre le blé) fut installé au fond de l’église. Un mécanisme électrique pour la sonnerie des cloches a remplacé le carillonneur démissionnaire. Les deux portes principales, détériorées par le temps furent refaites en bois de chêne massif.
De 1979 à 1981 : Les murs extérieurs et intérieurs ont été rejointoyés. Au cours des travaux, trois ouvertures primitives furent découvertes, et restaurées en vitraux. Furent découvertes également quatre niches, trois dans le chœur, une au fond de l’église. Le maître-autel, la chaire, quelques statues et le chemin de croix ont été supprimés ; l’ancienne sacristie côté sud a été démolie afin d’agrandir le cimetière.
Remarque : A la sortie du village, sur la route de MONTCUQ, pour ceux qui aiment se promener dans la nature, un chemin de croix serpente jusqu’au calvaire, point culminant de la commune offrant une vue imprenable sur la vallée du Lendou.

